Porte d'Angkor
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- Superficie : 181 035 km².
- Population : 17,4 millions d'habitants (dont 75 % vivent en zone rurale).
- Capitale : Phnom Penh.
- Religion : bouddhisme (97 %).
- Régime politique : monarchie constitutionnelle à tendance autoritaire.
- Roi : Norodom Sihamoni (depuis 2005).
- Premier ministre : Hun Manet (depuis 2023).
- Langues : khmer, français (langue de l'écrit administratif), anglais et vietnamien.
- Monnaie : le riel (et aussi, en pratique le dollar US).
- Signes particuliers : âge moyen de la population 26 ans.
- Point culminant : Phnom Aoral (1 813 m).
- Salaire moyen : 304 $.
- Indice de développement humain : 148e rang (0,600) sur 193 pays.

- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco :

  • Angkor (1992).
  • Le temple de Preah Vihear, situé à la frontière du Cambodge et de la Thaïlande, classé depuis le 7 juillet 2008. Ce classement avait d'ailleurs ravivé les tensions entre Cambodge et Thaïlande, qui se disputaient ce temple depuis des décennies. Mais le conflit est aujourd’hui réglé suite à la décision de la Cour internationale de justice en novembre 2013, qui a finalement donné (globalement) raison au Cambodge.
  • La zone des temples de Sambor Prei Kuk, site archéologique de l’ancienne Ishanapura (2017), dans la région de Kompong Thom.

L’art du ballet cambodgien est inscrit depuis 2008 sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.

Économie

Avec un PIB par habitant qui a doublé au cours des années 2010, la situation économique du Cambodge s’est grandement améliorée. En 2016, la Banque mondiale a même reclassé le Cambodge parmi les pays « à revenu intermédiaire inférieur ». S’il reste encore aujourd’hui un pays « moins avancé » pour les Nations unies, l’organisation prévoit qu’il quittera cette catégorie d’ici 2029. 

Pour l’instant, l’indice de développement humain le place au 146e rang mondial (sur 189 pays), le Cambodge demeurant marqué par de fortes inégalités. Toutefois, grâce à une croissance forte (environ 7 % entre 2000 et 2019), une classe moyenne émerge peu à peu. Elle se concentre dans les grandes villes (Phnom Penh, Siem Reap, Sihanoukville) susceptibles d’offrir services et loisirs. Une manne qui profite surtout aux entreprises chinoises !

Comme partout, la croissance cambodgienne est tombée en récession en 2020 (- 3,1 %) à cause de la pandémie de Covid, mais moins sévèrement que dans l’Union européenne par exemple (- 5,9 %). La reprise de 2021 s’est depuis confirmée ; elle était d’à peu près 6 % en 2024. Les exportations agricoles et textiles constituent la locomotive de cette croissance. 

Une situation de dépendance

À la recherche de financements extérieurs, le gouvernement s’est tourné vers la Chine, pays avec qui il est lié par un partenariat stratégique global depuis 2010 et un accord bilatéral de libre-échange depuis 2020 (les échanges restent néanmoins très déséquilibrés... au profit de la Chine). L’Empire du Milieu a déclenché un boom de la construction sans précédent, à hauteur de 18 milliards de dollars (60 % du PIB cambodgien en 2023) ! La raison ? Les fameuses « nouvelles routes de la soie » chères à Xi Jinping (la BRI, ou Belt Road Initiative en anglais), qui se traduisent par des investissements massifs, notamment sur le littoral, avec la création de ports, d’aéroports, la 1re autoroute qui relie Sihanoukville à la capitale mise en service fin 2022, la réhabilitation de Siem Reap, l’implantation d’usines et de complexes touristiques de grande envergure, ainsi que de gigantesques programmes immobiliers comme à Sihanoukville ou Dara Sakor sur le littoral, entre Koh Kong et Sihanoukville, future « ville globale du tourisme de luxe et de la haute technologie ».
Les conséquences de ces investissements massifs sont à la fois positives et négatives : d’un côté, une amélioration des infrastructures et la création d’emplois ; de l’autre, un creusement de la dette, une dégradation de l’environnement, une perte de souveraineté, une hausse de la corruption et de l’opacité des affaires. 

Les secteurs-clés de l'économie cambodgienne

L’économie est peu diversifiée, puisqu’elle repose sur trois secteurs principaux :

- L'agriculture : le secteur agricole continue à jouer un rôle central dans l’économie du pays, en contribuant à hauteur de 20 % de sa richesse, même s’il a tendance à stagner ces dernières années, notamment du fait des aléas climatiques et du manque d’investissement dans les infrastructures. 
Par ailleurs, l’agroalimentaire est une longue aventure qui n’en est qu’à ses débuts.

- L'industrie : elle représente environ 37 % du PIB et repose essentiellement sur le textile, les articles de voyage et la confection de chaussures. Le textile emploie à lui seul autour de 750 000 personnes et constitue le principal moteur de la croissance avec plus de 55 % des exportations, principalement vers les États-Unis et l’Union européenne, ce qui rend d’ailleurs le pays fortement dépendant. Du point de vue social, les conditions de travail, ainsi que les bas salaires, ont conduit les ouvriers à descendre dans la rue en 2014 et 2015 pour réclamer une amélioration de leur statut. 

De nouveaux secteurs se sont développés de manière significative ces dernières années, notamment les meubles et matelas, les produits en caoutchouc et en plastique, la production de vélos ou, nettement moins écologique, le domaine minier (pierres précieuses, bauxite, métaux rares, or et fer), l’exploitation du bois, et les gisements d’hydrocarbures récemment découverts en mer au large de Sihanoukville... 

- Le bâtiment : extrêmement dynamique depuis quelques années, il attire de nombreux investisseurs : japonais, coréens mais surtout chinois. Une des principales raisons en est le coût locatif des terrains, particulièrement attractif pour les Chinois car 5 fois moins chers que dans leur propre pays. D’un autre côté, qui dit implantation d’usines dit logements, centres commerciaux, hôtels, condominiums, aéroports, sans oublier les mégaprojets touristiques et les casinos comme à Sihanoukville où près de 90 % des hôtels appartiennent déjà à des Chinois. 

- Le tourisme : l’essor a été spectaculaire depuis le début des années 2000, atteignant plus de 6,6 millions de visiteurs étrangers en 2019 (au 1er rang desquels les Chinois), avant l’arrêt brutal pendant le Covid. En 2023, après un timide redémarrage l’année précédente, la fréquentation est bien repartie à la hausse, avec près de 4 millions de visiteurs étrangers et un apport de 5 milliards de dollars. En bref, le gouvernement table sur un retour au niveau pré-Covid dès 2025, lorsque le tourisme représentait près de 20 % du PIB du pays.

- De nouveaux secteurs se sont aussi développés de manière significative ces dernières années, notamment les meubles et matelas, les produits en caoutchouc et en plastique, la production de vélos ou encore le domaine minier (pierres précieuses, bauxite, métaux rares, or et fer), l’exploitation du bois, et les gisements d’hydrocarbures découverts en mer au large de Sihanoukville... De plus, le gouvernement donne des autorisations à des entreprises (majoritairement chinoises) pour construire des barrages hydroélectriques, malgré les effets environnementaux désastreux. 

Droits de l'homme

Durant la dernière décennie, l’État n’a fait qu’accroître les atteintes aux Droits humains. Le régime autoritaire mis en place par Hun Sen, arrivé au pouvoir en 1985, poursuivi par son fils Hun Manet depuis 2023, s’est peu à peu débarrassé de toute forme d’opposition démocratique : dissolution du principal parti d’opposition (le Parti du sauvetage national du Cambodge – CNPR) et placement sous contrôle du peu de presse indépendante qui restait encore en activité. Ces 2 points majeurs constituant une entrave totale à la liberté d’expression.

Alors que Sam Rainsy, ex-leader du CNPR, est réfugié en France, l’ultime opposant crédible, Kem Sokha, est condamné en 2024 à 27 ans de prison pour « complot avec l’aide d’une puissance étrangère ». Ce verdict, conclusion d’un procès inique, est l’illustration supplémentaire d’une justice aux ordres de l’exécutif. Le récent parti d’opposition Pouvoir du Peuple (créé en 2023) inquiète aussi le pouvoir. En décembre 2024, son fondateur, Sun Chanty, a été condamné à 2 ans de prison pour avoir menacé la stabilité sociale. En mai 2025, Rong Chhun, ancien syndicaliste et conseiller du même parti, a, quant à lui, été condamné à 5 ans de prison pour le même motif. 

Une chasse aux défenseurs des Droits humains ou aux leaders sociaux, à l’image de la dirigeante syndicale Chhim Sithar en détention depuis fin 2022 pour avoir défendu la hausse des salaires dans son pays, se poursuit. Sur le modèle thaïlandais, une loi contre le crime de lèse-majesté a été adoptée en 2018, dont le champ d’interprétation, très vaste, permet de condamner toute personne critique envers l’État. Avec, souvent, des chefs d’inculpation lourds tels que « incitation à commettre un crime » ou « trahison ». Ce dernier a d’ailleurs été retenu contre 33 opposants. Au cours de l’été 2024, ils ont été arrêtés parmi une centaine d’activistes alors qu’ils dénonçaient un projet de coopération avec les voisins vietnamiens et laotiens portant, entre autres, sur l’exploitation des ressources (dont le Mékong). Ils le considéraient comme écocide.

Car au sein de la société civile, la politique répressive touche aussi durement les militants pour le droit à la terre. Trafic de bois précieux, concessions minières, grands projets : l’accaparement de terres ne cesse pas, et chaque année, des milliers de familles sont expropriées au mépris des droits des peuples autochtones. Des chantiers qui, comme de nombreuses coupes illégales dans les forêts, sont également à l’origine de graves dégâts environnementaux. Au chapitre des expulsions forcées, notons qu’en 2023, Amnesty International s’inquiétait du relogement forcé dans des zones d’attente inappropriées de plus de 10 000 familles originaires depuis plusieurs générations de la zone des temples d’Angkor.

Pour compléter ce tableau déjà bien sombre, dans ce pays très patriarcal, les femmes sont souvent invisibilisées, moins éduquées (notamment dans les villages), moins payées, et subissent des violences. Sous prétexte de sauvegarde des traditions, le droit des femmes évolue à un rythme encore trop lent. Ainsi, celles qui portent des tenues trop « suggestives » peuvent être sanctionnées par la loi. Mais de plus en plus de militantes parviennent à faire entendre leur voix pour défendre leurs terres, l’environnement ou améliorer leurs conditions de travail.

Face à cette politique portant atteinte aux Droits fondamentaux, la Commission européenne maintient les sanctions commerciales prises depuis 2020. Et, en novembre 2024, le Parlement européen a voté une résolution dénonçant « le rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile ».

Procès des chefs khmers rouges

Parmi les derniers responsables du Kampuchéa démocratique, à l’origine de l’extermination de plus de 1,7 million de Cambodgiens entre 1975 et 1979, seuls Nuon Chea et Kieu Samphân, respectivement chef d’État et idéologue du régime khmer rouge, ont tous 2 été condamnés à la détention à vie en 2016. Jugés une nouvelle fois 2 ans plus tard, le tribunal les a officiellement et pour la 1re fois condamnés pour « génocide », à l’encontre de la communauté cham et des Vietnamiens du Cambodge. Nuon Chea est décédé en août 2019. Les avocats de Kieu Samphân ont fait appel, mais leur client a de nouveau été condamné à vie pour crimes contre l’humanité en septembre 2022. Kaing Guek Eav (alias « Duch »), qui a dirigé le sinistre camp S-21, avait, quant à lui, été reconnu coupable de crimes contre l’humanité, il est mort en septembre 2020 à Phnom Penh.

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