Madagascar : sur la Nationale 7, de Tana à Tuléar
Fianarantsoa et sa ligne de chemin de fer
Km 410. Fianarantsoa, deuxième ville du pays, est située au cœur de la région agricole la plus productive du pays. Elle est réputée pour ses plantations de thé et ses vignobles (qui se visitent). On y prend la seule liaison ferroviaire de voyageurs encore en service dans le pays, la ligne Fianarantsoa-Manakara, sur la côte est.
Ce train conçu à l’époque coloniale n’est pas seulement une attraction touristique : c’est aussi - et surtout - un moyen de survie pour la population locale. Il permet d’acheminer, depuis les régions les plus reculées, les productions locales (banane, café etc.) jusqu’aux marchés. Sa vitesse de croisière (20km/h) et ses multiples arrêts (17, soit tous les 10 km !) donnent l’occasion de déguster les spécialités proposées par la multitude de vendeurs ambulants. À peine le train arrêté, ils se précipitent aux fenêtres, sur les marchepieds ou à l’intérieur des wagons pour vendre écrevisses, samossas, beignets de bananes ou fruits de saison (photo).
La nature est luxuriante (beaucoup de rizières et de forêts), le voyage une aventure en soi. La misère s’affiche toutefois le long des rails. Quand un « Vazaha » (un blanc) sort un paquet de biscuits de son sac, c’est l’émeute devant le wagon. Les enfants, en haillons et les pieds dans la boue, fixent du regard les touristes espérant obtenir quelques gâteaux ou une bouteille d’eau vide, donnant aux passagers la désagréable sensation d’être là en spectateur.
Dix heures plus tard, c’est l’arrivée à Manakara. Pour se requinquer, rien de tel qu’une agréable balade en pirogue sur le canal des Pangalanes. Au programme : visite de villages de pêcheurs, déjeuner de poisson grillé, baignade dans l’océan Indien parfois déchaîné et visite de champs de plantes médicinales.
Texte : Juliette Camuzard
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